La marquise Geromina Spinola-Doria, par Antoon van Dyck

Au département des Peintures du musée du Louvre

Antoon van Dyck, Portrait présumé de la marquise Geromina Spinola-Doria, de Gênes, Paris, musée du Louvre

Antoon van Dyck
Anvers, 1599 - Blackfriars, 1641

Portrait présumé de la marquise Geromina Spinola-Doria, de Gênes

Vers 1626-1627
H. : 2,39 x L. : 1,70m
Paris, musée du Louvre, département des Peintures,
Don du baron Guy de Rothschild, 1949 (« Au nom de ma mère, la baronne
Édouard de Rothschild, et de mes sœurs Mesdames Gregor
Piatigorsky et Donald Bloomingdale [Jacqueline et Bethsabée], aussi bien qu’en mon nom propre [...] en souvenir de mon père, le baron Édouard de Rothschild »).

Ce somptueux portrait d'Antoon Van Dyck évoque les séjours génois de l’artiste dans les années 1620, une étape de sa brillante carrière qui n’était pas représentée au musée du Louvre, pourtant riche d’une suite impressionnante de chefs-d’œuvre plus tardifs, venant essentiellement des collections royales.

La pose du modèle, vu de trois quarts, le port altier accentué par l’élongation du corps, l’arrière-plan architectural sombre, la vibrante harmonie colorée, le paysage éclairé d’une bande de ciel lumineux, révèlent bien davantage tout ce que le jeune Van Dyck doit a Titien, plutôt qu’a Rubens, qui, lors d’un passage antérieur à Gènes, avait également reçu des commandes de portraits de l’aristocratie locale.

Au sein d’une petite douzaine de portraits en pied de grandes dames de la noblesse génoise, celui-ci est l’un des plus réussis, que l'on peut rapprocher notamment des portraits de la marquise de Brignole Sale (Gènes, Palazzo Rosso, et New York, Frick Collection). L’identité du modèle du tableau donné au Louvre, provenant des collections Doria et Montaldeo, reste cependant incertaine.

Ce portrait de Van Dyck est sans doute celui que le baron Alphonse a acheté pour 290 000 francs en 1888, par l’intermédiaire du marchand Gauchez. Cet achat était particulièrement remarquable, sachant que ces portraits génois conservés jusqu’au XIXe siècle dans des demeures ancestrales étaient bien moins connus que les innombrables portraits que Van Dyck a laissés de son passage en Angleterre.

Ce portrait ornait avant-guerre le grand hall du château de Ferrières.

Marc Bascou, directeur honoraire du département des Objets d'art du musée du Louvre

* Ce texte a été présenté lors de la table-ronde dédié au programme « Les collections Rothschild dans les collections publiques françaises » à l'occasion de la parution de l'ouvrage dirigé par Pauline Prevost-Marcilhacy (Les Rothschild, une dynastie de mécènes en France, 3 vol., Paris, éditions du Louvre/Bibliothèque nationale de France /Somogy éditions d'art, 2016) et de la mise en ligne de ce site (Paris, l'Institut national d'histoire de l'art, 24 novembre, 2016).   

En savoir plus  

Bibliographie   

– Bascou, Marc, « Les héritiers du baron Édouard de Rothschild », dans P. Prevost-Marcilhacy (dir.), Les Rothschild, une dynastie de mécènes en France, 3 vol., Paris, éditions du musée du Louvre/Bibliothèque nationale de France/éditions d'art Somogy, 2016, III, p. 316.

Intervention de Marc Bascou