Très Belles Heures de Notre-Dame de Jean de Berry

A la Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits

Très Belles Heures de Notre-Dame de Jean de Berry, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits@Bibliothèque nationale de France

Maître du Parement de Narbonne
L’Annonciation, initiale et bas de page : La Vierge au Temple tissant, Mariage de la Vierge

Très Belles Heures de Notre-Dame de Jean de Berry
vers 1380
Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, NAL 3093, p. 2.
Don Maurice de Rothschild 

Le chef d’œuvre de l’enluminure que l’on désigne sous le nom de Très Belles Heures du duc de Berry n’est en réalité qu’un élément d’un livre d’heures plus important, décrit dans les inventaires du duc Jean de Berry comme « les très belles heures de Notre-Dame ».

Esthète raffiné, le duc de Berry en avait confié l’illustration à deux enlumineurs de talent, le Maître du Parement de Narbonne, qui illustra à partir de la fin des années 1380, les Heures de la Vierge, l’Office des morts et les prières et les Heures de la Passion, et un des frères Limbourg, sans doute Pol, qui peignit plus tard les deux dernières peintures.

En 1413, le duc céda ce superbe manuscrit à son garde des joyaux, Robinet d’Estampes en échange d’un autre livre d’heures. Ce dernier ne conserva que la partie la plus aboutie de l’ouvrage.

Passé au XVe siècle entre les mains de la famille de Beauvilliers, puis au XVIIe siècle entre celles des du Plessis-Châtillon, le manuscrit réapparut au XIXe siècle, dans la collection du comte Victor de Saint-Mauris. C’est lui qui avant 1849, vendit les Très Belles Heures au baron Alphonse de Rothschild. Ce fut le premier achat d’importance de ce jeune amateur qui réunit en son hôtel de la rue de Monceau à Paris une collection éclectique de manuscrits comprenant en particulier les Heures de Jeanne d’Evreux peintes par Jean Pucelle.

Ayant hérité de la collection du baron et de la baronne Alphonse de Rothschild, en 1907, leur neveu Maurice autorisa en 1922, le comte Paul Durrieu à publier ce fragment des Très Belles Heures pour la Société française de reproduction des manuscrits à peintures.

La baron Maurice de Rothschild récupéra en 1948 sa collection spoliée pendant la guerre. Il ne rentra toutefois en possession des Très Belles Heures qu’en 1956. Il en fit alors don à la Bibliothèque nationale, rendant ainsi hommage à Jean Porcher, conservateur en chef du Cabinet des manuscrits, pour l’aide qu’il lui avait apportée pour récupérer sa collection. Une exposition tenue du 10 janvier au 9 février de l’année suivante célébra l’événement et permit au public d’admirer ce merveilleux trésor.

Marie-Hélène Tesnière, Conservateur général des bibliothèques, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits

En savoir plus

Bibliographie

–  Avril, François, « Deux livres d’heures royaux : les Heures de Jeanne de Navarre  1972 et les Très Belles Heures de Jean de Berry  1956 », dans P. Prevost-Marcilhacy (dir.), Les Rothschild, une dynastie de mécènes en France, 3 vol., Paris, éditions du Louvre/BNF/Somogy, III, 2016, p. 298-309.